Jonathan le Goëland, du repos dominical à l'athéisme raisonné.

Publié le par Manupoleon

En ces temps de records dopés à Manu ne sait quel carburant, Il se souvient de la seule image d'athlétisme qui a réussi à l'intéresser. Non pas que Manu, même avec 10 piqûres par jour dans les fesses, ferait mieux que les sprinteurs contemporains, mais enfin c'est à peu près le même plaisir de les voir que de manger un poulet aux hormones ayant réduit de moitié à la cuisson.

C'était à Göteborg, en 1995, c'était Jonathan Edwards, encore un rosbif, que les présentateurs de l'époque, les mêmes qu'aujourd'hui, annonçaient à peu près ainsi : "Et c'est au tour d'Edwards de s'élancer. Lui qui a longtemps refusé de concourir le dimanche par conviction religieuse, après avoir parlé avec son père, a décidé de participer aux championnats du monde. "Si Dieu m'a donné un don, a t il déclaré à la BBC, je dois l'utiliser".

Autant dire que ça partait mal et que Manu allait chercher les couteaux de cuisine et un billet d'Eurostar pour Londres quand, soudain, Edwards apparut sur l'écran. Une espèce de petit bonhomme tout mince, dont l'image tranchait, déjà, avec les taureaux de concours qui l'entouraient. Le petit bonhomme s'élance pour son triple saut. Et là Madame, attention, le petit bonhomme ne court pas, il vole, bat tous les records, passe les 18 mètres pour la première fois.

Manu repose alors ses couteaux et s'asseoit. Regarde le ralenti. Non le petit bonhomme n'a pas d'ailes accrochées au dos ni de fusée dans les fesses (les rosbifs catho sont capables de tout). Bon admettons. Un coup de bol.

Le petit bonhomme est rappelé par les arbitres. On ne veut pas le déranger mais il faudrait qu'il fasse un second saut. D'accord dit le petit bonhomme, en tapant des mains pour que le public lui rythme la course. Et là Madame, attention, il vole encore plus haut et plus loin, retombe tranquillement sur ses deux pattes, bat le record qu'il venait de battre. Et le petit bonhomme est tout content, mais pas trop, il y a des gens qui le regardent.

Manu en aurait presque allumer un cierge. Lui qui manque de s'étrangler en voyant le moindre signe de croix d'un sportif (comme si Dieu n'avait que ça à faire de mettre la balle dans le but ou sur le court quand le gamin soudanais de base se fait écorcher vif), Lui, Manu Lui même, en fut tout retourné de ce petit bonhomme qui emportait des poissons sur les terrains d'athlétisme pour avoir Jésus près de soi, le poisson étant le symbole de Jésus, vous devriez le savoir.

Et bien voilà que le petit bonhomme, dans une interview au Times, déclare que finalement il pense que, si on regarde les choses rationnellement, Dieu n'existe pas, et se déclare athée. Alleluia.
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