Les ManuPlagiats : Tom Sharpe, Wilt.
Les Anglais sont nuls. Mais il y a quelques exceptions qui le confirment, enfin pas vraiment des exceptions, parce qu'ils vont en vacances en camping sur la Côte d'Azur où désormais le café est offert grâce à notre président.
Parmi les perfides albionistes auxquels nous serions bien inspirés de leur donner la nationalité française avant qu'ils meurent, mais encore faudrait il qu'ils nous la demandent, Tom Sharpe.
Papa Fasciste, jeunesse dans l'Afrique du Sud ségrégationniste, rien ne le prédisposait à devenir un pépé whiskytologue longtemps banni de Prétoria. C'est pourtant ce qu'il est devenu, en plus d'un écrivain dont les livres comptent parmi les très rares à avoir fait rire Manu à gorge déployée. C'est qu'il est dur d'éclater de rire un lecteur. Tom Sharpe y parvient toutes les trente pages. Le reste du temps, on tente de retenir son rire par un sourire qui vous donnerait envie de devenir britannique. Bref c'est un traître qui dégouterait le premier gaulois venu d'écrire un livre : le vieux rosbif l'a déjà publié.

Tom Sharpe, Wilt 1, 1976. L'histoire d'Henry Wilt, enseignant de seconde zone dans une sorte d'IUT de troisième zone à l'anglaise ( ce que fut Sharpe lui même).
" Je te dis qu'elle était bourrée, dit Wilt en s'asseyant dans la cuisine des Braintree.
Peter Braintree lui ouvrit une bouteille de bière.
- Bourrée jusqu'aux oreilles. En plus elle portait une espèce d'atroce pyjama jaune et elle avait un immense fume-cigarette.
- Qu'est ce qu'elle a dit ?
-Eh bien, si tu veux vraiment le savoir elle a dit "viens par ici.." Non c'est vraiment pas possible.... J'ai passé une journée foireuse comme c'est pas permis. Morris me dit que je ne passerai pas maître assistant. Williams s'est encore fait porter malade et je perds mon interclasse. Je prends un coup de poing chez les gars de Presse 3 et quand je rentre chez moi ma femme est ivre morte et m'appelle petite queue chérie.
-Elle t'a appelé comment ? dit Peter Braintree en le dévisageant.
-Comme je te dis.
-Eva t'a appelé petite queue chérie ? Je ne pas y croire.
- Eh bien vas y, je suis curieux de savoir comment elle t'appellera, dit Wilt amèrement. Mais ne viens pas te plaindre si elle se met à te sucer les seins tant qu'elle y est.
- Bon sang ! C'est ça quelle a menacé de faire ?
-Ce n'est pas tout, dit Wilt.
- Eva ne dirait jamais une chose pareille. Sûrement pas.
- Eva ne s'habillerait foutrement pas comme ça non plus si tu veux qu'on en parle. Elle était fagotée dans un de ces pyjamas jaunes ! Tu aurais dû voir la couleur. Un bouton d'or aurait pâli à côté. Elle s'était écrasé autour de la bouche un rouge à lèvres cramoisi et elle fumait... Ca fait six ans qu'elle a arrêté de fumer. Et maintenant c'est petite queue par ci, je te suce les seins par là.
Peter Braintree hocha la tête.
-Quel langage ! dit il.
- Et quelle allure ! dit Wilt.
- Ben, je dois dire que tout ça à l'air plutôt tordu, fit Braintree. Je ne sais vraiment pas ce que je ferais si Susan rentrait à la maison pour me sucer les seins.
-Fais comme moi. Tire toi dit Wilt. De toute façon il ne sagit pas seulement de tes seins. Bon sang ça fait douze ans qu'on est mariés. Le problème c'est qu'elle s'est embarquée dans ce truc de libération sexuelle...Hier soir, quand elle est revenue du cours d'art floral de Mavis Mottram, elle s'est mise à déblatérer sur la stimulation clitoridienne et les options sexuelles ouvertes.
-Qu'est ce qui était ouvert ?
- Les options sexuelles. Il me semble. En tout cas il y avait de l'option sexuelle dans le lot. J'étais à moitié endormi.
- Mais où va t elle chercher tout ça ? demanda Braintree.
- Une foutue Yankee appelée Sally Pringsheim, dit WIlt. Tu sais comment est Eva. Je veux dire elle renifle le blabla intellectuel à un mile et se précipite dessus comme une mouche à merde sur une bouse de vache. Tu ne peux pas savoir combien de dernières idées bidon elle m'a balancées à la figure. Enfin j'ai écrasé la plupart du temps, mais s'il s'agit de faire minette pendant qu'elle baragouine l'M.L.F. je dis non merci bien !
-Ce que je n'arrive pas à comprendre dans ces histoires de libération sexuelle et de M.L.F. c'est pourquoi il faudrait revenir à l'école maternelle pour se libérer, dit Braintree. Elles ont toutes cette idée absurde qu'il faudrait être passionément amoureux vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
-La faute aux singes, fit Wilt d'un air morose
- Les singes ? qu'est ce qu'ils ont à voir là dedans les singes ?
Tout ce bazar autour du modèle animal. Si les animaux le font, les humains aussi doivent le faire. La défense du territoire. Le singe nu. On remet tout cul par dessus tête et au lieu de progresser on recule d'un million d'années. Est ce que tu prendrais un gorille en auto stop ? l'égalitarisme du plus petit facteur commun...
-Je ne vois pas ce que le sexe a à voir la dedans, dit Braintree.
-Moi non plus, dit Wilt.
Ils descendirent au Cochon qui Sommeille et se soûlèrent dans les règles.
Il était minuit passé quand Wilt rentra chez lui. Eva dormait déjà. Wilt se carapata dans son lit et se mit à rêver à des tombereaux d'oestrogènes.
Parmi les perfides albionistes auxquels nous serions bien inspirés de leur donner la nationalité française avant qu'ils meurent, mais encore faudrait il qu'ils nous la demandent, Tom Sharpe.
Papa Fasciste, jeunesse dans l'Afrique du Sud ségrégationniste, rien ne le prédisposait à devenir un pépé whiskytologue longtemps banni de Prétoria. C'est pourtant ce qu'il est devenu, en plus d'un écrivain dont les livres comptent parmi les très rares à avoir fait rire Manu à gorge déployée. C'est qu'il est dur d'éclater de rire un lecteur. Tom Sharpe y parvient toutes les trente pages. Le reste du temps, on tente de retenir son rire par un sourire qui vous donnerait envie de devenir britannique. Bref c'est un traître qui dégouterait le premier gaulois venu d'écrire un livre : le vieux rosbif l'a déjà publié.

Tom Sharpe, Wilt 1, 1976. L'histoire d'Henry Wilt, enseignant de seconde zone dans une sorte d'IUT de troisième zone à l'anglaise ( ce que fut Sharpe lui même).
" Je te dis qu'elle était bourrée, dit Wilt en s'asseyant dans la cuisine des Braintree.
Peter Braintree lui ouvrit une bouteille de bière.
- Bourrée jusqu'aux oreilles. En plus elle portait une espèce d'atroce pyjama jaune et elle avait un immense fume-cigarette.
- Qu'est ce qu'elle a dit ?
-Eh bien, si tu veux vraiment le savoir elle a dit "viens par ici.." Non c'est vraiment pas possible.... J'ai passé une journée foireuse comme c'est pas permis. Morris me dit que je ne passerai pas maître assistant. Williams s'est encore fait porter malade et je perds mon interclasse. Je prends un coup de poing chez les gars de Presse 3 et quand je rentre chez moi ma femme est ivre morte et m'appelle petite queue chérie.
-Elle t'a appelé comment ? dit Peter Braintree en le dévisageant.
-Comme je te dis.
-Eva t'a appelé petite queue chérie ? Je ne pas y croire.
- Eh bien vas y, je suis curieux de savoir comment elle t'appellera, dit Wilt amèrement. Mais ne viens pas te plaindre si elle se met à te sucer les seins tant qu'elle y est.
- Bon sang ! C'est ça quelle a menacé de faire ?
-Ce n'est pas tout, dit Wilt.
- Eva ne dirait jamais une chose pareille. Sûrement pas.
- Eva ne s'habillerait foutrement pas comme ça non plus si tu veux qu'on en parle. Elle était fagotée dans un de ces pyjamas jaunes ! Tu aurais dû voir la couleur. Un bouton d'or aurait pâli à côté. Elle s'était écrasé autour de la bouche un rouge à lèvres cramoisi et elle fumait... Ca fait six ans qu'elle a arrêté de fumer. Et maintenant c'est petite queue par ci, je te suce les seins par là.
Peter Braintree hocha la tête.
-Quel langage ! dit il.
- Et quelle allure ! dit Wilt.
- Ben, je dois dire que tout ça à l'air plutôt tordu, fit Braintree. Je ne sais vraiment pas ce que je ferais si Susan rentrait à la maison pour me sucer les seins.
-Fais comme moi. Tire toi dit Wilt. De toute façon il ne sagit pas seulement de tes seins. Bon sang ça fait douze ans qu'on est mariés. Le problème c'est qu'elle s'est embarquée dans ce truc de libération sexuelle...Hier soir, quand elle est revenue du cours d'art floral de Mavis Mottram, elle s'est mise à déblatérer sur la stimulation clitoridienne et les options sexuelles ouvertes.
-Qu'est ce qui était ouvert ?
- Les options sexuelles. Il me semble. En tout cas il y avait de l'option sexuelle dans le lot. J'étais à moitié endormi.
- Mais où va t elle chercher tout ça ? demanda Braintree.
- Une foutue Yankee appelée Sally Pringsheim, dit WIlt. Tu sais comment est Eva. Je veux dire elle renifle le blabla intellectuel à un mile et se précipite dessus comme une mouche à merde sur une bouse de vache. Tu ne peux pas savoir combien de dernières idées bidon elle m'a balancées à la figure. Enfin j'ai écrasé la plupart du temps, mais s'il s'agit de faire minette pendant qu'elle baragouine l'M.L.F. je dis non merci bien !
-Ce que je n'arrive pas à comprendre dans ces histoires de libération sexuelle et de M.L.F. c'est pourquoi il faudrait revenir à l'école maternelle pour se libérer, dit Braintree. Elles ont toutes cette idée absurde qu'il faudrait être passionément amoureux vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
-La faute aux singes, fit Wilt d'un air morose
- Les singes ? qu'est ce qu'ils ont à voir là dedans les singes ?
Tout ce bazar autour du modèle animal. Si les animaux le font, les humains aussi doivent le faire. La défense du territoire. Le singe nu. On remet tout cul par dessus tête et au lieu de progresser on recule d'un million d'années. Est ce que tu prendrais un gorille en auto stop ? l'égalitarisme du plus petit facteur commun...
-Je ne vois pas ce que le sexe a à voir la dedans, dit Braintree.
-Moi non plus, dit Wilt.
Ils descendirent au Cochon qui Sommeille et se soûlèrent dans les règles.
Il était minuit passé quand Wilt rentra chez lui. Eva dormait déjà. Wilt se carapata dans son lit et se mit à rêver à des tombereaux d'oestrogènes.
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